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BYD Seal 6 DMi

Berline sans âme ou voyageur dans l’âme ?

Disponible en berline ou en break, la grande familiale chinoise bat des records d’autonomie grâce à sa technologie hybride rechargeable largement éprouvée.

Les raisons de craquer

Si BYD est devenu le premier producteur de voitures électriques au monde, le constructeur chinois n’en délaisse pas pour autant les autres types de motorisations, à commencer par l’hybride rechargeable qu’il maîtrise à la perfection. Après le SUV Seal U, c’est la grande routière Seal 6 (4,84 m, 1 805 kg), et sa déclinaison break Touring, qui héritent du précieux césame, baptisé DMi pour Dual Motor Intelligent. L’ensemble se compose d’un 4 cylindres 1.5-litre turbo essence de 98 ch et d’un moteur électrique de 197 ch associé à une batterie LFP de 19 kWh. Jusqu’à 70 km/h, la voiture se comporte telle une électrique avec l’agrément de roulage propre aux motorisations “zéro émission“. Au-delà, où lorsque la batterie passe sous les 20% de charge, le bloc thermique vient en renfort pour entraîner directement les roues avant ou servir de générateur pour alimenter la batterie. Ainsi gréée, la Seal 6 DMi revendique 1 350 kilomètres d’autonomie globale grâce à son réservoir de 65 litres de carburant et aux 90 kilomètres de roulage 100% électrique permis par sa batterie. Dans la réalité, vous pouvez espérer parcourir plus de 1 000 kilomètres sans passer par une pompe. Un exploit qu’il est possible de rééditer régulièrement en veillant à recharger la batterie… soit sur une borne rapide (26 kW), soit sur courant alternatif (6,6 kW) à votre domicile. Prévoyez alors près de 3 heures pour “refaire le plein“. Au volant, la chinoise se distingue par la douceur de fonctionnement de son architecture hybride. Les passages du mode électrique au mode thermique sont imperceptibles tandis que le comportement dynamique, s’il manque d’éclat, révèle un équilibre rassurant. Il en va de même de l’amortissement, globalement prévenant en dépit de quelques trépidations à basse vitesse. De quoi profiter pleinement d’un habitacle qui sait recevoir… La Seal 6 brille, en effet, par son espace à bord. A l’arrière, l’habitabilité s’avère généreuse et les dossiers rabattables via des poignées logées dans le coffre facilitent les déménagements du quotidien. Côté pratique, notons le hayon à ouverture électrique, les deux emplacements ventilés pour la recharge de votre téléphone par induction ou les poches aumônières au dos des sièges avant. De manière générale, la nouvelle BYD jouit d’un équipement somptuaire comme en atteste la présence d’un système de caméras à 360°, d’un toit ouvrant vitré ou de la fonctionnalité V2L permettant d’alimenter un accessoire électrique externe. Comme c’est souvent la règle chez les automobiles produites dans l’Empire du Milieu, un grand écran central (jusqu’à 15,6 pouces selon le niveau de finition) regroupe toutes les fonctions du véhicule… dont le tarif semble particulièrement attractif eu égard à la dotation. Garantie 6 ans ou 150 000 km, et livrable dans une centaine de points de vente en France, la Seal 6 DMi démarre à 38 490 € en version Boost avec une batterie plus modeste (10 kWh). Le break, encore plus intéressant, exige 1 500 € de plus. Quant à la concurrence européenne, elle se montre beaucoup plus onéreuse ou nettement moins spacieuse.

Les raisons d'hésiter

Naturellement portée sur le “tout digital“, la Seal 6 DMi commet plusieurs impairs d’ergonomie. Le principal concerne ce fameux écran central véritablement utilisable à l’arrêt uniquement tant il condense de menus et de sous-menus. Le tableau de bord manque aussi de lisibilité. Tout y est écrit (trop) petit. Enfin, l’alerte de surveillance de la vigilance est à désactiver avant de démarrer car son déclenchement intempestif vous tape rapidement sur les nerfs. Si la présentation intérieure de cette BYD est soignée, une certaine froideur prédomine et les graphismes sans âme de la dalle digitale n’arrangent rien. La berline Seal 6 dispose d’un coffre plutôt logeable (491 litres), mais il vous oblige à vous contorsionner pour accéder au fond. Plutôt vive aux allures modérées, la chinoise s’essouffle dans les montées sur autoroute et le moteur thermique se fait bruyant sous forte charge. Cet inconfort sonore s’ajoute à celui généré par les bruits d’air et les bruits de roulement à vitesse de croisière. Retenez, enfin, que le SUV Seal U DMi (4,78 m), doté de la même motorisation, démarre 1 000 € moins cher.

Conclusion

Spécialement conçu pour les longues distances, le vaisseau asiatique se distingue par son rapport prix/équipement/prestations canon. Un nouveau venu avec qui il faut compter…

À retenir

BYD Seal 6 DMi Comfort Lite À partir de 41 680 €, 810 € (malus au poids), 212 ch, 180 km/h (Vmax), 8,5 s (0 à 100), 5 l/100 km (conso. mixte), 38 g (CO2/km).