En jargon automobile US, “petit frère“ ne signifie pas forcément “petit“. La preuve : si de l’imposant Lyriq (5,01) a découlé l’Optiq, ce dernier conserve un gabarit fort respectable (4,82 m) conçu pour accueillir cinq passagers dans le confort et la bonne humeur. Produite au Mexique, cette Cad ne manque pas d’allure et se distingue aisément dans le trafic. Sa stature en impose, sa calandre inspire le respect et ses… optiques captent d’emblée les regards. Dotée de deux moteurs électriques (un sur chaque essieu) cumulant 304 ch et d’une batterie de 75 kWh, l’Optic évolue régulièrement en mode traction avant, sur autoroute notamment, afin de limiter ses consommations. Mais il sait redevenir “4 roues motrices“ si le besoin s’en fait sentir. S’il ne promet ni sport, ni grand dynamisme, le SUV américain se prévaut d’un comportement serein. Son train avant précis et sa tendance naturelle au sous-virage le rendent éminemment prévenant… à l’instar de son amortissement idéalement calibré pour nos routes. Douceur et agrément de conduite sont donc bien présents auxquels il ajoute un système de récupération d’énergie efficace, assorti d’un mode one pedal qui vous conduit jusqu’à l’arrêt. En dépit de ses mensurations conséquentes, cette Cadillac se révèle plutôt simple à garer grâce à son armada de radars de stationnement… et au fait que ses jolies jantes ne soient pas affleurantes. Elle se caractérise également par son habitabilité particulièrement généreuse, ses rangements à foison et son aménagement intérieur, à la fois, chaleureux et original, avec une élégante alternance de matériaux et de textures. Si l’ergonomie générale exige un temps d’adaptation, la dotation se montre somptuaire. À commencer par une sono Dolby Atmos exceptionnelle, un grand toit vitré et… des sièges arrière chauffants. Côté instrumentation et info-divertissement, l’Optiq s’en remet à un double écran incurvé du plus bel effet cumulant 33 pouces de diagonale, associé à une interface Google relié à un planificateur de trajet intelligent. Le volume de coffre ne bat pas des records (443 litres), mais il est astucieusement complété par un bel espace (61 litres) sous le plancher. Garantie 4 ans, l’américaine a de quoi susciter le coup de cœur car elle ajoute de vraies prestations routières à son parfum d’exotisme.
Avec un diamètre de braquage supérieur à 12 mètres et une masse flirtant avec les 2,4 tonnes, l’Optiq ne se révèle guère pratique dans la circulation urbaine et il s’essouffle vite dans les montées de col ou sur voies rapides… au risque de faire grimper ses consommations. Il souffre surtout d’une autonomie trop modeste (environ 200 km sur autoroute), fruit d’une batterie à la capacité limitée, pour envisager paisiblement les longs trajets. Et ce d’autant que sa puissance de charge (110 kW, soit 36 minutes nécessaires pour passer de 10% à 80%) s’avère anormalement faible pour un véhicule de ce standing… même s’il fait mieux en mode courant alternatif (22 kW). Enfin, on se perd un peu dans les menus et les sous menus de son interface : réduire au silence certaines aides à la conduite demande donc de la patience. Mais vous n’aurez pas d’autre choix que de couper le contrôle de la vigilance qui vous inflige une série de bips stridents et de vibrations insupportables dans le siège à chaque regard insistant sur l’écran central ou les rétroviseurs extérieurs.
Charismatique, attachante et cohérente, cette Cadillac électrique mérite sa place sur nos routes européennes, mais son autonomie fait pâle figure face à celle de la concurrence. (Audi Q6, DS N°8…).
Cadillac Optiq À partir de 69 500 €, 0 € (bonus), 304 ch, 184 km/h (Vmax), 6,3 s (0 à 100), 19,9 kWh/100 km, 425 km (autonomie WLTP).