Si son patronyme sonne comme une sucrerie, ce sont surtout ses produits qui donnent envie. Après s’être implantée subrepticement sur notre marché grâce aux marques européennes qu’elle contrôle, Geely dévoile, enfin, ses propres productions : le SUV électrique E5 (4,61 m) au look très consensuel et son pendant hybride rechargeable, à la silhouette moins lisse et aux ambitions plus affirmées. Le Starray, puisque c’est de lui dont il s’agit, se présente sous l’aspect d’un imposant crossover familial (4,74 m 1815 kg). L’engin ne révolutionne pas un genre déjà vu et revu, mais il affiche un brin d’élégance, voire une certaine ressemblance avec… le Porsche Macan, pour peu que vous le contempliez de trois-quarts arrière. Doté d’un quatre cylindres 1.5-litre (99 ch), dont la mission principale est de fournir du courant et pas d’entraîner les roues, le Starray EM-i est mû par une machine électrique (217 ch), associée à une batterie de 29,8 kWh. Le bel ensemble revendique 135 kilomètres de pure autonomie électrique et un rayon d’action supérieur à 1 000 kilomètres si vous consommez l’intégralité de son réservoir de sans plomb. Compatible avec la charge rapide (jusqu’à 60 kW), ce SUV PHEV recouvre 80% de son autonomie zéro émission en 16 minutes seulement. Équipé d’une transmission à variation continue dans l’esprit Toyota, il témoigne donc d’une polyvalence inattendue. Au volant, à défaut de provoquer l’émoi, le Geely rassure. Sa suspension typé confort, son silence de fonctionnement et sa douceur de conduite entretiennent une atmosphère sereine. Le Starray a aussi le bon goût de braquer court pour faciliter manœuvres et déplacements urbains. Fruit de sa technologie privilégiant, autant que faire se peut, le mode de roulage électrique, une ambiance zen règne à bord. Proche de celui de l’E5, son habitacle exhibe des matériaux de qualité, des finitions soignées et une meilleure ergonomie que celle de son cousin électrique, grâce au maintien de commandes physiques pour l’utilisation des rétroviseurs, de la climatisation ou du toit ouvrant. Certes, il n’échappe pas au fameux écran central tactile (15,4 pouces), mais ce dernier s’avère réactif et intuitif à l’usage. Si l’aménagement intérieur se révèle particulièrement épuré comme sur la plupart des modèles chinois, les plastiques et la sellerie colorés, le volant à méplat et la sono 16 HP apportent une vraie touche de gaité. Pratique, le Starray se dote de rangements spacieux, d’un large accoudoir, d’une banquette rabattable et d’un hayon motorisé donnant accès à un vaste coffre (528 litres) pourvu d’un double fond. Il brille aussi par son habitabilité, aux places arrière notamment, et par sa dotation, royale compte tenu de son prix. Garanti 8 ans ou 200 000 km, le SUV Geely démarre, en effet, sous les 35 000 € avec un accumulateur plus modeste (18,4 kWh). À ce tarif ultra agressif, il ajoute une consommation raisonnable (autour de 6 litres aux 100 km) lorsqu’il évolue batterie vide.
Performances sans relief, motricité aisément prise en défaut, manque de dynamisme certain et freinage en mal de mordant… le Geely Starray n’a pas vocation à griser les pères de famille pilotes dans l’âme. Il s’adresse aux amateurs de conduite paisible. Évitez l’erreur de casting… En revanche, on peut unanimement lui reprocher le niveau sonore de son moteur thermique au kick down, le fameux effet mobylette si souvent décrié chez Toyota, et l’absence de palette au volant pour régler le niveau de freinage régénératif. Le chinois se contente d’une capacité de charge de 6,6 kW en AC. Peut mieux faire. Et on aimerait des caractères plus lisibles pour le petit écran d’instrumentation qui fait face au conducteur.
“Du premium pour tous“, c’est le leitmotiv de Geely dont la Starray s’inspire pour se prévaloir du titre de “SUV familial hybride rechargeable le plus attractif du moment“.
Geely Starray EM-i Max+ À partir de 38 990 €, 1 150 € (malus poids), 262 ch, 180 km/h (Vmax), 8,2 s (0 à 100), 1,5 l/100 km, 33 g (CO2/km).