En matière de stratégie industrielle, Mercedes ne manque pas d’expérience. La capacité de la marque à l’étoile a sans cesse s’adapter aux conditions de marché et à la législation en vigueur suscite l’admiration. Il suffit de feuilleter le catalogue du nouveau GLB pour comprendre que le succès d’un modèle passe par une pluralité de versions et de motorisations. Encore faut-il avoir les moyens de ses ambitions. Visiblement, le constructeur allemand possède les deux… Fabriqué en Hongrie et disponible en 5 ou 7 places (moyennant un surcoût de 1 350 €), l’imposant GLB (4,73 m, 1840 kg) adopte un style… rassurant à défaut d’être enivrant. Au premier regard, l’engin intimide ou valorise selon que vous en êtes, ou non, le propriétaire. Derrière son imposante calandre, on trouve un quatre cylindres essence 1.5 turbo (163 ch) associé à une boîte automatique à double embrayage et 8 rapports intégrant un électromoteur 48V de 30 ch. Ce système hybride de nouvelle génération autorise quelques courtes phases de roulage en mode électrique. Il permet surtout de fluidifier la conduite et de limiter les consommations en dépit de la masse conséquente du véhicule (moins de 7 l/100 km en moyenne durant l’essai). Au volant, cela se traduit par un silence accru grâce au démarrage quasi imperceptible du moteur thermique, des performances plus que convaincantes et un sentiment de sérénité absolue. La direction directe, la douceur de la transmission et le confort global de roulement permettent d’envisager les longs parcours avec le sourire. Habitable pour sept, même si le troisième rang est à réserver aux personnes de moins d’un mètre 70, le Mercedes GLB déploie tout le savoir-faire de la marque dans l’art de recevoir. Matériaux de qualité, finitions soignées, ergonomie étudiée… le rival du Renault Espace (lui aussi disponible en 7 places) ne commet pas d’impairs. La définition des deux, voire trois, écrans en enfilade (14 pouces pour celui du centre) fait son petit effet. L’équipement, à condition d’y mettre le prix, est royal (prévoir 4 800 € de plus pour la version AMG Line avec ses jantes alliage de 18 pouces, son volant cuir et son accès mains libres). Quant au volume du coffre, relativement quelconque compte tenu du gabarit de la bête, il grimpe à 540 litres en rabattant les deux strapontins du fond. En lourd véhicule hybride essence, le GLB 200 subit la taxe au poids et le malus CO2. Les deux cumulés, on flirte avec les 5 000 € qui viennent s’ajouter à un prix d’achat plutôt coquet. Du coup, la version 100% électrique avec sa batterie 85 kWh, ses 633 km d’autonomie et son temps de charge ultra rapide (80% en 22 minutes) en devient presque intéressante (à partir de 55 900 €)… à moins que vous ayez la chance d’avoir trois enfants mineurs et donc d’être exonéré des taxes précitées. À noter, également, l’existence d’une déclinaison quatre roues motrices, très appréciable dans les régions montagneuses (à partir de 58 450 €).
Le GLB préfère les grands espaces. Il n’est guère à son aise dans les déplacements urbains surtout avec un tel diamètre de braquage (11,9 m). Sur route, il pêche plutôt par sa motricité, perfectible, qui pourra vous incliner à opter pour la version 4x4 si vous habitez dans une région humide. Naturellement, l’allemand n’affiche pas un dynamisme débordant, mais en mode Eco, censé économiser du carburant, vous risquez de le trouver franchement pataud. En outre, cela vous incline à solliciter plus brutalement le moteur thermique qui vous paraîtra alors bien bruyant. Enfin, déboursez 4 400 € de plus pour s’offrir le 3e écran (face au passager) rattaché au pack Premium incluant l’affichage tête haute, ça commence à faire beaucoup.
Seul son prix, trop supérieur à celui des meilleures chinoises, peut vous rebuter d’acquérir un GLB. Ce serait dommage, car le nouveau SUV à l’étoile s’avère être une formidable machine à vivre comme à rouler.
Mercedes GLB 200 À partir de 51 400 €, 2 049 € (malus CO2), 2 615 € (malus poids), 163 ch, 208 km/h (Vmax), 8,7 s (0 à 100), 6,1 l/100 km, 139 g (CO2/km).