Après l’ASX sur base Captur, la Colt sur base Clio V et l’Eclipse Cross sur base Scénic, le Grandis poursuit la stratégie de “rebadging“ mise en œuvre par Mitsubishi avec son partenaire Renault sur le marché européen. Le constructeur japonais peut ainsi se prévaloir d’une gamme fournie et cohérente à défaut de briller par son originalité. Inspiré du Symbioz, l’actuel SUV compact du Losange, le Grandis (4,41 m, 1 390 kg) est naturellement fabriqué sur les mêmes chaînes, à Valladolid, en Espagne. Les designers nippons ne se sont pas contentés de lui apposer le badge maison, ses retouches esthétiques lui confèrent un surplus de personnalité à l’image de la calandre et du bouclier avant totalement revisitée. La remarque vaut aussi pour la poupe, légèrement revue, et les jantes, spécifiques à ce modèle, sans oublier les très chics marchepieds (disponibles en accessoires)… tant et si bien qu’on finirait presque par lui trouver davantage de caractère que la version originale. Disponible en une seule motorisation, le Grandis reprend le système E-Tech hybride de son cousin, composé d’un quatre cylindres 1.8-litre (109 ch) associé à deux machines électriques (49 ch et 20 ch) et une petite batterie (1,4 kWh) alors que la transmission dite “à crabots multimode“ se passe d’embrayage, mais revendique quatre rapports pour la partie thermique et deux pour l’électrique. Si tout cela peut sembler assez complexe, à l’usage, c’est d’une grande fluidité. Les transitions thermique/électrique s’effectuent en douceur et l’efficience de l’ensemble est au rendez-vous. Circulant majoritairement en mode “zéro émission“ en ville, le Grandis n’absorbe pas plus de 5 litres aux 100 kilomètres dans cette configuration tandis que sa consommation sur voies rapides est inférieure à 7 litres. Aussi placide que son compère de chez Renault, le SUV Mitsubishi ne réserve que de bonnes surprises au volant. Comportement équilibré, confort avéré (même avec les jantes de 19 pouces) et performances suffisantes… la copie ne prête pas le flanc à la critique. Et son aménagement intérieur est tout aussi rationnel… puisqu’il s’inspire, trait pour trait, de celui du Symbioz à quelques habillages près, plutôt réussis du reste. On y retrouve donc le même écran vertical de 10,4 pouces accueillant une interface basée sur Google dont l’intuitivité et la réactivité ne sont plus à prouver. Finitions de bonne facture, ergonomie soignée, déconnexion aisée des aides à la conduite : le Grandis est un élève appliqué et bien équipé comme en atteste la présence, en série, d’un toit vitré panoramique opacifiant sur les versions Instyle. Seule la peinture métallisée est en option (950 €). Il sait aussi se rendre pratique avec sa banquette arrière coulissante (sur 16 cm) permettant d’augmenter le volume du coffre (qui passe alors de 434 à 548 litres) ou d’offrir plus d’espace aux passagers arrière. Le japonais, qui hérite d’une garantie 5 ans, facilement extensible jusqu’à 8 ans, vient, en outre, de bénéficier d’un repositionnement tarifaire (moins 3 500 €) qui le rend moins cher que son généreux donateur, le Symbioz.
Mais, comme lui, il souffre d’un moteur bruyant dans ses phases de recharge ; un inconfort sonore qui peut survenir, inopinément, en roulant comme à l’arrêt. Le Grandis doit également composer avec quelques vibrations ressenties dans le pédalier et quelques trépidations encaissées par les lombaires à basse vitesse sur les irrégularités du bitume. Même s’il donne globalement satisfaction, le système hybride se révèle moins à son aise en conduite plus dynamique et le freinage ne s’avère pas toujours simple à doser. En cause : la consistance fluctuante de la pédale.
Pimpante copie du Symbioz, le polyvalent Grandis s’en distingue par sa garantie étendue et son rapport prix/équipement plus alléchant. De quoi justifier sa présence au catalogue Mitsubishi.
Mitsubishi Grandis À partir de 33 390 €, 0 € (malus CO2), 158 ch, 180 km/h (Vmax), 9,1 s (0 à 100), 4,4 l/100 km, 107 g (CO2/km).