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Nissan Leaf

Le retour de la pionnière

Fin 2010, Nissan défrayait la chronique en osant l’électrique sur une berline familiale et le succès fut au rendez-vous. Seize ans plus tard, en voici la troisième génération sous les traits d’un SUV compact à l’ambition intacte.

Les raisons de craquer

Les pionniers ne sont pas toujours les premiers. La preuve avec la Nissan Leaf qui peut se prévaloir d’avoir démocratisé, avec sa cousine la Renault Zoe, l’automobile électrique en Europe… avant de disparaître, peu à peu, des radars, dépassée de toutes parts par une horde de SUV “zéro émission“. La japonaise “made in England“ nous revient enfin et elle ne partage plus rien avec son illustre prédécesseur hormis son patronyme. La “feuille“ a d’abord tourné une page côté style. Inspiré de sa grande sœur, l’Ariya, dont elle reprend la plateforme CMF-EV, la nouvelle Leaf (4,35 m) respire la robustesse quitte à cliver autant que sa devancière plus longue de 13 cm. Esthétiquement, on retient surtout du cru 2026 le traitement des feux à effet 3D (à partir de la finition Advance, 45 000 €) reproduisant des caractères japonais : les deux traits horizontaux se prononçant “ni“ et les trois traits verticaux, “san“. Dotée d’une batterie de type NMC de 75 kWh, la Nissan revendique jusqu’à 622 kilomètres d’autonomie. De quoi voir venir… et ce d’autant que sa capacité de charge de 150 kW sur borne rapide lui permet de refaire le plein d’énergie à 80% en l’espace de 30 minutes… et qu’elle a abandonné le système CHAdeMO pour une prise CCS beaucoup plus répandue sur notre territoire. À noter qu’une version de base (52 kWh, 177 ch, 440 km, à partir de 35 300 €) figure également au catalogue. Profitant d’une aérodynamique optimisée (Cx de 0,25), la Leaf annonce des consommations remarquables. Même si la réalité s’avère moins élogieuse (17,5 km/h en moyenne durant l’essai), elle témoigne d’une efficience suffisante pour envisager les longs trajets sans avoir à multiplier les arrêts. Comme chez la plupart de ses rivaux électriques, le SUV Nissan se distingue par sa douceur de conduite et son silence de marche. Si la voiture n’affiche pas un grand dynamisme, l’agrément est au rendez-vous. Comportement prévenant, tenue de cap rassurante, direction précise et performances plus que suffisantes… la Leaf accompagne sereinement chacun de vos déplacements. Quatre niveaux de récupération d’énergie au freinage sont disponibles via des palettes au volant, tandis que la suspension, typée confort, renforce le sentiment de piloter un cocon roulant. À l’ouverture des portières, on est frappé par la sobriété de l’aménagement intérieur. Un chaleureux revêtement en tissu parcourt toute la largeur de la planche de bord alors qu’une élégante dalle rectangulaire fait face au conducteur. Il règne ici une atmosphère zen. Plus de levier de commandes pour la transmission, mais quatre touches à même la console centrale, un système multimédia rapide et intuitif (merci Google !) relayé par un écran tactile XXL, un planificateur d’itinéraires (réservé aux finitions supérieures) qui vous simplifie le quotidien, un toit panoramique dotée d’une opacification automatique, des rangements en quantité suffisante, un coffre spacieux (437 litres) pour le gabarit et pratique avec son double plancher et surtout, une habitabilité généreuse à l’avant comme à l’arrière… la Nissan Leaf flirte avec le sans faute en matière de vie à bord.

Les raisons d'hésiter

Pour atteindre le score parfait, il eut fallu que son amortissement se montre moins cassant sur les irrégularités de la chaussée, que son instrumentation soit un peu plus simple à appréhender, que son plancher soit moins haut perché pour offrir davantage d’espace aux pieds des passagers arrière et que son mode e-Pedal mène à l’arrêt complet du véhicule. Sans quoi, on ne voit pas réellement son intérêt. Si elle évoluait seule sur son segment, il n’y aurait pas de question à se poser. C’est bien la Nissan Leaf qu’il faudrait choisir. Cependant, pour un tarif sensiblement équivalent, on peut lui préférer une Renault Mégane E-Tech, une Skoda Elroq ou une Kia EV3. Sans parler de la plus grande menace en provenance de Chine et qui a pour nom MG4 et BYD Dolphin ou Atto 3.

Conclusion

Pétrie de qualités, pratiques et mécaniques, la nouvelle Leaf affirme un caractère esthétique à faire pâlir sa devancière. Sans doute pas suffisant pour retrouver son leadership face à une concurrence qui n’a jamais été aussi vive qu’aujourd’hui.

À retenir

Nissan Leaf 75 kWh À partir de 40 300 €, 3600 € (prime coup de pouce), 218 ch, 160 km/h (Vmax), 7,6 s (0 à 100 km/h), 14,2 kWh/100 km, 622 km (autonomie WLTP).