Au premier regard, les fidèles de celle “qui a tout d’une grande“ vont être décontenancés. Même si elle repose sur la plateforme de sa devancière, la nouvelle Clio n’a plus rien à voir avec la précédente. Plus imposante (+7 cm), cette 6e génération (4,12 m, 1 316 kg) affiche davantage de prestance avec sa calandre béante, son profil de coupé, ses arches de roues laquées et ses feux en deux parties séparées. À bord, le cru 2026 emprunte beaucoup à la Renault 5. Le mobilier valorisant, les deux écrans en enfilade, l’ergonomie soignée… tout donne envie de prendre le volant. Des commandes physiques (climatisation) ont été intelligemment conservées. La cartographie du GPS peut s’afficher sur le tableau de bord face au conducteur et le système multimédia sous interface Google séduit toujours autant par son intuitivité que par la qualité de ses graphismes. Fidèle au thermique, la Clio 6 inaugure un nouvel ensemble hybride découvert sur les Captur et Symbioz. Il est composé d’un 4 cylindres 1.8 turbo essence (109 ch) associé à deux moteurs électriques, le second pilotant uniquement la transmission automatique (boîte à crabots multimode), et une batterie de 1,4 kWh. S’il brille par son fonctionnement ultra fluide, sa sobriété est bluffante. En l’absence de version diesel, la Clio Hybrid endosse le rôle de voyageuse au long cours. Vous évoluez sous les 6 litres aux 100 km, en moyenne, et même sous les 5 litres en ville… où la majorité des déplacements s’effectue en mode électrique. Sans (mauvaise) surprise, la nouvelle citadine Renault révèle un agrément de conduite digne de la catégorie supérieure. Le compromis comportement/confort flirte avec la perfection pour une automobile de ce gabarit. Rassurante en toute circonstance, la française made in Turquie jouit d’un excellent châssis. Il lui offre dynamisme et réactivité tandis que l’amortissement progressif ménage les lombaires de tous les passagers. Les performances sont à l’avenant et l’insonorisation marque un vrai progrès par rapport à la Clio 5. En évitant tout malus (écologique et poids), la nouvelle Clio assoit son attractivité et ce, d’autant qu’elle se distingue par sa dotation généreuse (recharge smartphone par induction, caméra de recul…) et son large éventail d’aides à la conduite : 29 au total dont un inédit contrôle de la vitesse à l’abord des virages. Rassurez-vous, les alertes les plus agaçantes sont désactivables d’un simple double clic sur une touche à portée de main.
Renverser la table côté design n’a pas que des avantages. En apparence, la Clio 6 évoque plutôt la gamme Mazda que Renault. Malgré l’augmentation du gabarit, l’habitabilité stagne, certains rangements s’étroitisent et le coffre, dont le seuil a été légèrement abaissé (-4 cm), abandonne 80 litres sur la version hybride (309 litres). Les clients de longue date devront également s’accoutumer au nouvel emplacement de la commande de boite (derrière le volant). Si l’ensemble hybride donne globalement satisfaction, son fonctionnement devient plus heurté en conduite “sportive“ et le réveil inopiné du moteur thermique pour recharger la batterie n’est guère plaisant… Dernier grief : malgré sa montée en gamme, la Clio 6 fait l’impasse sur l’option toit vitré que ses rivales, Peugeot 208 en tête, ne manquent pas de proposer. Enfin, la “petite“ Renault se contente d’un “petit“ réservoir (39 litres). Dommage car avec une dizaine de litres de plus et des consommations aussi modestes, traverser la France d’une traite aurait été possible.
Plus polyvalente que jamais, la Clio demeure la valeur sûre du marché des citadines. Si son style peut faire débat, ses prestations d’ensemble et sa sobriété font l’unanimité.
Renault Clio Hybrid 160 À partir de 24 600 €, 0 € (malus CO2), 160 ch, 180 km/h (Vmax), 8,3 s (0 à 100), 3,9 l/100 km, 89 g (CO2/km).